Vivre en conscience, c’est retrouver de la saveur en tout

Lors de mon road-trip européen en 2018, j’avais rencontré en Suisse un cheminant soufi pratiquant la voie du Tassawouf. Cette voie indique un cheminement sans fin, sans limites, sans prétention, sans gloire, sans médaille et sans remerciements. Il est d’une rare profondeur et animé de la délicatesse des poètes. Allaoui Abdellaoui est aussi un grand serviteur du dialogue interculturel et du rapprochement entre les peuples. Il y a quelques années, avec une trentaine d’autres marcheurs, principalement musulmans et chrétiens, il avait marché pour la paix, du Flüeli-Ranft à Berne. Au terme de ce Périple pour une culture de paix, organisé par l’Association internationale soufie Alâwiyya (AISA) avec le soutien de l’association Compostelle-Cordoue, les participants avaient remis au président de la Confédération, Didier Burkhalter, le message de paix envoyé naguère par saint Nicolas de Flue aux Bernois. Deux ans plus tard, j’ai demandé à le revoir. C’était il y a quelques jours. Avec deux amis, nous l’avons questionné sur sa lecture de la crise actuelle. Interview.

Cher Allaoui, comment traversez-vous ces temps agités dans le monde ?

« Actuellement, tous les gens qui sont dans leur cœur et l’intériorité, voient dans ce phénomène (Covid) un messager, qu’importe le nom qu’on lui donne. Il est venu nous réveiller, nous interpeller à travers un point fondamental, au cœur de la méditation soufie, qui consiste à passer de la séparation vers l’unité. Ce souffle qui s’est imposé à nous à travers l’infiniment petit est en train de nous montrer la puissance de l’Absolu. Il interpelle beaucoup de gens qui me disent qu’ils n’ont jamais été aussi loin dans la profondeur. Tout s’est imposé à nous vers l’intériorité, avec un retour de la saveur. La saveur dans les échanges, le recueillement, les repas, les rencontres et dans chaque petite tâche quotidienne. Car il n’y a pas un atome de la création qui ne porte le nom de l’Adoré. Ce virus est un serviteur; il nous bouscule et fait bien son travail. Et cela ne va pas s’arrêter de si tôt. Jusqu’à ce que nous comprenions pourquoi nous sommes là, et ce que nous faisons de ce pèlerinage terrestre…

Comment rester en joie dans un contexte aussi tendu ?

Les cheminants sont les fils et les filles de l’instant. La joie est toujours là, mais il faut trouver la bonne fréquence. Si l’on est sur la bonne fréquence, nous recevons tout ce dont nous avons besoin pour être dans la confiance et la constance. Dès lors qu’un être vit sa relation avec l’Absolu, ce qui lui est adressé est adressé à toute la Création. C’est un chemin exigeant.  Quel que soit notre façon de nous rapprocher de notre intériorité, si nous sommes dans une posture sincère, même dans ces temps tourmentés, nous pouvons goûter à cette saveur qui va nous aider à nous relier à nous-mêmes. Nous sommes issus du même souffle. Y compris le grain de sable ! Lui aussi porte en lui le secret de Dieu, ce qui fait qu’il y a un autre grain de sable qui en tombe amoureux! La prière qui nous est demandée aujourd’hui est une prise de conscience. Désormais, tout ce qui n’est pas lumière sur la Terre est élagué. De ce fait, l’homme peut être à tout instant en relation directe avec sa Source.

En vous écoutant, j’entends que l’esprit divin est en tout, y compris dans les êtres les plus mal intentionnés. Est-ce que cela signifie que le souffle divin est aussi dans le vaccin que l’on cherche à nous imposer ? Personnellement, je ne suis tout de même pas très rassurée…

Je suis dans la même posture que toi et je te comprends. Compte tenu des moyens de communication actuels, il y a beaucoup de choses qui se disent. Pour ma part, si un jour un vaccin fiable était découvert, cela serait par l’entremise de tous les scientifiques de la planète, après s’être réunis par amour pour toute l’humanité, sans manipulation et sans la recherche du profit. Nous devrions être capables de discerner ce qui va dans le sens du bien de l’humanité et ce qui se fait par intérêt économique. Oui, tu as raison de t’inquiéter. Qui peut aujourd’hui nous garantir que le vaccin qui circule actuellement est sans conséquence pour l’homme ? Pourquoi ne pas laisser l’être humain créer sa propre immunité, comme ce fut le cas depuis toujours ? En étant actif, en marchant, en se nourrissant correctement, en priant, en méditant et en ne se laissant pas happer par la peur qui génère une fréquence qui va créer des brèches en nous. Restons vigilants, mais ne jugeons pas. Si quelqu’un veut se faire vacciner, il faut respecter son choix. Moi, je déciderai selon ma conscience, en tant voulu. Mais l’arrivée du vaccin va générer des situations qu’il va falloir laisser se découvrir. Tant que quelqu’un ne l’a pas expérimenté, il va toujours penser que ce qu’il pense est juste. Il faut donc le laisser faire. Mais dans notre cœur, il ne faut pas le condamner. Si nous condamnons, nous faisons le jeu de la séparation.

Comment affuter ce sens du discernement quand on est bombardé d’informations ?

Il faut trouver la posture qui nous permette de filtrer en nous ce qui est juste de ce qui ne l’est pas. Plus nous devenons sincère en dedans, plus tout ce qui n’est pas vrai à l’extérieur et qui nous submerge est filtré. Nous ne laissons passer que ce qui est utile et indispensable. Pour apprendre à reconnaître si ce qui est donné de l’extérieur est bon pour soi, il suffit de ressentir si c’est une bonne énergie ou si c’est perçu comme un fardeau et une entrave à notre évolution. La sincérité du cœur, c’est de savoir si ce qui est dit me rapproche de ma source ou m’en éloigne. La Connaissance doit être transmise sans perturbations.

“Celui qui cherche est celui qui trouve quelqu’un sur son chemin pour l’aider à chercher.”

La vie plie les humains aux expériences pour éveiller de plus en plus cette soif d’Absolu en eux. Or, le chemin du soufisme n’est pas un chemin qui étanche la soif. Il donne au contraire de plus en plus soif, jusqu’au moment où nous allons réussir à creuser un puits en nous-même. Aussi souvent que vous aurez soif, vous saurez où aller chercher de l’eau. En allant chercher en soi l’eau du puits creusé en nous, nous ne dépendrons plus de l’eau qui nous est acheminée depuis l’extérieur.

Comment cohabiter harmonieusement avec la dualité spectaculaire qui nous touche actuellement ?

En nous dilatant. En devenant l’océan qui l’intègre en lui. Intégrer la dualité, ce n’est pas se résigner ou se soumettre à elle. Par exemple, nous pouvons accueillir avec amour l’incohérence dans la gestion de la crise sanitaire. Et en même temps, prendre position et signer des pétitions ou des référendums.  Nous pouvons poser des actions concrètes dans notre réalité pour préserver notre souveraineté. Sans violence. Accueillir ce qui est d’une part, poser ses limites et dire « stop » d’autre part. C’est la posture de la sagesse. Tout ce qui est accompli à l’extérieur doit être accompagné par quelque chose qui vient du dedans. Il faut trouver le bon équilibre. Le soufisme est une lumière qui est révélée dans le cœur de l’être qui lui permet de percevoir l’origine et l’aboutissement de tout événement. C’est une perception de cette lumière pour laquelle les contingences spatio-temporelles n’existent pas.

Où cette division entre nous va-t-elle nous mener?

Je crois que la bifurcation est inévitable. Les élites qui disposent des technologies et de la science ne vont pas s’arrêter là. Elles vont faire leur travail. Parce qu’elles y croient. Elles croient aux bénéfices que tout cela va leur apporter. Tandis que les autres croient plutôt en la force qui les habite. L’être humain possède une énergie extraordinaire! Nous allons encore nous écarter beaucoup les uns des autres. Mais à un certain moment, les gens qui se battent pour la vie, vont devenir comme un immense aimant qui va attirer à lui de plus en plus d’éléments de l’autre côté et les rapprocher de la vie. Parce que de l’autre côté, cela va conduire à la mort. On veut enlever le souffle divin de l’être humain pour en faire un robot. Or, pour dévier ceux qui oeuvrent dans cette direction, il faudrait qu’une faiblesse s’installe dans ce camp-là et une grande force dans le camp adverse. La force est du côté de la Vie. Qu’il y a-t-il de plus fort que ce que nous sommes ? Cette humanité a traversé combien d’épreuves ? Nous sommes toujours là ! Les guerres, les épidémies, la barbarie ont commencé un jour et se sont terminées. Il faudrait que les êtres qui font le choix de la vie y croient de plus en plus intensément. C’est une question d’intensité! Un atome de méditation équivaut à une année de prière.

Comment développer cette faculté de croire en la vie ?

En prenant conscience de tout ce que nous faisons: en buvant le thé, en discutant avec un ami, en travaillant. En réalisant que tout peut être une source de force et d’énergie.

Est-ce que les minutes où nous ne sommes pas dans notre authenticité et sincérité, c’est se trahir ?

Non, à condition de garder la saveur et la quintessence du cœur en soi. Parfois, on doit céder sa part pour permettre à l’autre d’en avoir plus. Cela dit, il ne faut pas se sacrifier. On peut momentanément se renier sans pour autant perdre la saveur de ce que l’on fait. Si la part de soi que l’on donne à l’autre est en parfaite osmose avec ce qui va nous faire avancer, c’est parfait. C’est par l’extrême faiblesse que nous obtenons l’extrême capacité. Il ne faut pas arrêter le souffle divin de se manifester quand il veut, où il veut, comme il veut, dans n’importe quelles circonstances. Vous par exemple, Isabelle, je suis sûre que pendant votre voyage à travers l’Europe, vous avez fait beaucoup de sacrifices… Mais vous les avez faits avec joie et fluidité, car vous saviez que cela allait vous faire avancer sur votre chemin de vie. Il ne faut jamais quitter ce centre que nous sommes. Si l’attitude de l’autre nous blesse ou nous empêche d’évoluer intérieurement, ce n’est pas bien. Si j’accepte de me laisser rétrécir, je me trahis. Et cela, quand c’est le cas, on le sent très bien.

Il semble que nous soyons gouvernés par des êtres de basse vibration et souvent très peu éclairés. Comment donner le pouvoir à des hommes valeureux et « savoureux », qui placent le bien collectif au-dessus de leurs intérêts propres ?

En multipliant des êtres qui ont soif ! Soif de partages et de connaissances. Et en mettant de l’intensité dans tout ce que nous vivons, nous finirons par devenir des aimants qui vont attirer toute l’humanité dans notre amour. Cela ne va pas se faire en imposant quoique ce soit, mais en diffusant cette quête à travers des circuits aussi subtils que la « brise du matin », comme disait Rumi. Ce n’est pas une question de nombre ni de quantité, mais d’intensité et de reliance à l’Absolu.

Nous sommes responsables de ce que nous pouvons vivre. Il faut se quitter avec la joie dans le cœur et la nostalgie de se revoir à nouveau. Le critère est là. Laisser encore un peu de soif en l’autre. C’est pour cela que des rencontres de cœur à cœur sont des rencontres rares et d’un autre niveau. Le chemin du cœur est le chemin de l’impossible. Cette quête est liée à l’humilité. Il n’y a pas de diplôme, ni de médailles, ni d’honneurs.

Et si vous permettez, j’aimerais conclure notre entretien par ce texte récent du Cheikh Khaled Bentounes (ndlr : guide spirituel de la confrérie soufie Alawiyya) qui résonne particulièrement pour moi et se prête parfaitement à notre époque actuelle.

« Aujourd’hui nous sommes dans les situations où le message de Jésus semble d’une urgence capitale, voire vitale. Notre monde est gravement malade, seule une médecine radicale peut le soigner. Pourquoi tant de misère et de haine, de conflits et de corruption ? Au nom de qui ? Pour servir quels intérêts ? Au nom de Dieu ? Au nom d’Allah ?… Quel est le sens d’un monde en démence où personne n’ose dire la vérité par peur d’être incapable de la vivre et d’en assumer la responsabilité et les conséquences. La vérité est exigeante comme l’est le message de Jésus. Dans l’atmosphère dramatique de notre époque qui peut concevoir que pour trouver Dieu il faut tout donner. Quel est le pays, la communauté, l’être capable de tout donner pour tout recevoir ?

Dans le monde actuel, ne pas tricher avec soi-même soulève mépris, ironie et sarcasme. Pourtant nous allons vers un monde qui nous impose d’être et non de paraître. Humain se conjugue au verbe être et non au verbe avoir. C’est à ce prix que nous pourrons résister au chaos qui nous attend. Que Dieu accorde sa grande miséricorde à tous les innocents qui périssent par la faute de l’incompréhension et de la bêtise humaine. Nous devons tous avoir la foi et l’espérance même si on se sent seul.

Notre force et notre énergie proviennent de la source inépuisable de la Miséricorde divine et dans l’épreuve que nous traversons tous, sans distinction de race, de religion ou de philosophie. Restons solidaire à construire le cercle de l’unité, de la paix pour tous ceux et celles des générations à venir.

Que la divine providence puisse nous prendre tous en charge et nous guider dans ces temps de tempête et d’incertitude vers le bien commun d’une humanité réconciliée.

Je suis ce que véritablement intérieurement je suis. Je suis d’abord un être vivant, pas un être enchaîné à une race, une culture ou une religion. Je suis né Homme libre. On m’a appris à être juif, chrétien et musulman à être ceci ou  cela… Ce sont les contraintes du milieu culturel qui nous formatent. Laissons tomber ce formatage. Et osons être nous-mêmes : de simples êtres humains. »

 

 

Nous n’avons jamais été aussi libres!

La période que nous vivons est un aiguillon inespéré (dont le vaccin est la plus belle métaphore) pour le corps, l’âme et l’esprit. Pour nous calibrer sur l’essentiel et ouvrir grand les yeux. Plus rien ne tient, sauf l’espace d’amour et de liberté que nous choisissons de nourrir en nous… Chaque information à laquelle nous tentons de nous agripper s’effrite entre nos mains comme du grès. Le traitement de l’actualité par les médias n’est qu’un vaste champ de bataille avec son bombardement d’informations contradictoires ; la gestion de la crise sanitaire est un yoyo surréaliste ; même l’histoire du monde racontée dans les livres est remise en question.

Pour le bien de l’humanité, un camp salue l’arrivée d’un vaccin planétaire et confie la gouvernance de son existence aux autorités. Pour le bien de l’humanité, l’autre camp rejette le vaccin qu’il perçoit comme la nouvelle arme pour opérer un génocide mondial qui ferait de l’ordre dans cette fourmilière humaine devenue ingérable pour les élites. Pour les uns, le Coronavirus est vécu comme une calamité et une pandémie mondiale, comme s’ils voyaient des charrettes de morts passer sous leurs fenêtres… Pour les autres, malgré la maladie et la souffrance qu’ils acceptent, il est une opportunité historique de changer de paradigme, de bâtir un monde meilleur et libre, sans chaînes ni haine.

Pour moi, le miracle du Coronavirus dont le nom en latin signifie « couronne » est qu’il est venu nous aider à reprendre notre couronne en nous permettant d’affirmer notre liberté et notre transcendance selon les lois et les cycles de la nature.

Choisir sa ligne de temps
Comment pratiquer cette liberté dans ce contexte anxiogène et totalitaire ? Très simplement: d’une part en posant de tous petits actes de tendresse et de fraternité dans son quotidien. D’autre part, en mettant à chaque instant notre attention sur le futur que nous souhaitons et en nous détournant des informations qui ne servent pas notre idéal le plus noble. En choisissant en conscience la version préférée de la grande Histoire comme de nos petites histoires personnelles. Trump ou Biden président, qu’importe! L’essentiel est de ne pas en faire des idoles, mais de rester à la barre de son expérience intérieure. De la guerre de Cent-ans à la guerre de Sécession, du Vietnam à la Syrie, entre un avenir transhumaniste ou connecté aux lois de la nature, quelle est la lecture des événements qui nous fait le plus de bien? Qui s’emboîte le mieux dans nos fabrications mentales? Entre le vaccin tueur ou sauveur, à quel narratif voulons-nous souscrire ?

La vie n’est faite que d’histoires que l’on se raconte. La vérité n’apparaît que dans la ligne de temps où nous les inscrivons. C’est le principe du pic à tickets de caisse sur les comptoirs des restaurants (photo). Chaque tickets représente un choix, une décision, une pensée et définit notre ligne temporelle et notre avenir. Une fois que l’on a compris que notre bonheur ou notre malheur dépend de notre système de croyances, nous sommes déjà guéris et le monde nous ouvre les bras.

Voilà donc le cadeau de cette fin d’année. Comme la période actuelle nous offre autant de narratifs qu’il y a d’humains, chacun est invité à affirmer ses valeurs dans le respect de la diversité des opinions. Ces vœux de loyauté à nous-mêmes, dans notre authenticité profonde, font exploser les partis et les clans, les communautés et les familles. Ce n’est pas grave. Au contraire, c’est le retour du grand équilibre basé sur la sagesse de l’Humanité. On redistribue les cartes et les équipes. Au sein de chaque confession religieuse, gouvernance, communauté et nations, apparait aujourd’hui le besoin d’appartenance à des valeurs qui transcendent pour la première fois la politique, l’économie, les identités culturelles, raciales et sociales. On se libère de notre besoin d’appartenance à des identités et des étiquettes.

Grâce à toutes ces histoires qui s’entremêlent, largement enrichies par les médias et la propagande, chacun peut faire son marché et choisir la narration qui va l’enchaîner ou le libérer. Un événement peut nous fracasser ou nous élever. C’est nous qui choisissons. Il n’est pas réel en soi. La seule chose qui soit vraie, c’est ce que nous en faisons. Nous pouvons le subir ou en tresser une couronne de fleurs.

Effacer le programme de l’esclave
Être sous l’emprise du programme de l’esclave en soi, c’est affirmer que tout le monde à tort et que nous sommes les seuls à avoir raison.  Dès que l’on cherche à imposer une idée ou à convaincre, nous sommes encore entravés. Vivre sa vérité dans la souplesse et dans le respect des autres, avec force et confiance, c’est respirer en homme/femme libre.

Ce qui compte désormais, c’est cultiver la fréquence vibratoire qui nous fait du bien et qui nous met en joie. De cette manière, le futur négatif qui se profile peut se dissoudre de lui-même. Ce processus passera nécessairement par des événements difficiles dont nous serons les témoins, sans les subir. C’est là que nous pourrons nous rendre utiles : en restant alignés sur nos valeurs et notre espérance, nous pourrons tendre la main et venir en aide à nos frères, sans y laisser nos plumes. Ancrés dans notre amour pour notre Terre et au service de l’intelligence de vie, nous pourrons devenir les éclaireurs et des guides pour les plus vulnérables. Sans rien leur imposer, nous leur rappellerons qu’ils ont le pouvoir de choisir leur futur. Veulent-ils montrer dans le train d’un Nouvel Ordre Naturel au service de tous les hommes par les lois de la Nature ou préfèrent-ils continuer à cautionner un Nouvel Ordre mondial au service de quelques-uns par les supra technologies et l’asservissement des humains ? Si l’on cherche plus que jamais aujourd’hui à nous prendre le pouvoir, c’est bien parce que nous sommes ceux qui avons le pouvoir ! Un portail inespéré s’ouvre pour nous libérer de toutes nos vieilles mémoires d’enfermement. La porte de la matrice est ouverte, il n’y a qu’à en franchir le seuil.

Il n’y a qu’à décider de ce que nous voulons semer dans notre propre jardin. Et cette liberté du choix, personne ne peut nous la voler. Ce futur est maintenant. En ce moment, chacun est propulsé dans sa réalité, selon les reliefs de sa conscience et de ses expériences. En continuant à aimer et à nous aimer, en nous émerveillant de ce qu’il y a de plus petit et de plus grand autour de nous, nous élevons notre vibration, entraînant dans notre sillage le réveil de millions d’autres.

Savourer les hauts et les bas sur cette scène humaine, c’est écrire l’avenir avec panache. Ce n’est plus le moment d’avoir raison. L’heure à sonné pour poser des actions positives concrètes et bâtir ce nouveau monde de paix et de justice. Plus ceci sera clair en nous, plus vite nous sauterons dans le train des Vivants.

Nous expérimentons aujourd’hui la dernière phase de cette mise au monde. En apparence, deux réalités contradictoires se chevauchent. En réalité, une seule humanité est en cours de restauration vers la paix et l’harmonie universelle.

Je vous souhaite mes meilleurs voeux pour 2021. Que cette nouvelle année soit le témoin de notre renaissance.

Les bergers de l’Ailleurs – Conte de Noël

Maximilien Forel est pilote acrobatique. Deux fois par semaine, il s’entraîne au-dessus de l’aérodrome d’Yverdon-les-Bains, au bord du lac de Neuchâtel. Il vit à Giez, dans une petite ferme héritée de son père, entre le village et la forêt. Ce matin du 5 décembre, il est assis devant la fenêtre et rédige quelques notes sur ses vols.

Il lève ses yeux et regarde dans le lointain ce vaste paysage qu’il connaît par cœur, ces champs fraîchement labourés ou déjà semés, ces carrés de verdure laissés en friche et ces forêts presque sauvages. Quand soudain son regard s’arrête. Là-bas, dans le prolongement du parc, à une distance de 500 mètres environ, il aperçoit des centaines de petites boules dorées, éclairées comme des pains chauds par le soleil d’hiver.

Intrigué, il enfile une grosse paire de bottes et s’achemine en direction de ce lumineux remue-ménage. Déjà, il entend les enfants du village crier : “Ils sont revenus, les bergers ! Les moutons !” Maximilien presse le pas. Il découvre avec émerveillement un troupeau de 600 moutons encadrés par trois beaux chiens noirs et quatre ânes. La transhumance….Un voyage de quatre mois, de pâture en pâture, de bois glacés en collines râpées par le vent d’hiver, jusqu’à la douce chaleur des écuries au bout du voyage.

Maximilien n’ose pas aborder les deux bergers, perdus dans leurs pensées. Vêtus de plusieurs couches de vestes et de gilets, coiffés de grands chapeaux déformés par les saisons, ils sont assis sur la colline dans un silence contemplatif, leur bâton en bois noueux sous le bras. Maximilien hésite à prendre la parole. Leur adresser un mot maintenant, c’est comme jeter un caillou dans l’eau lisse et pure d’une flaque. Briser une harmonie. Car en les observant de loin, ils semblent méditer et regarder « entre ».  Entre les boucles de laine des bêtes; entre le feuillage des arbres; entre les brins d’herbe; entre les nuages; entre la terre et le ciel. Mais que regardent-ils donc pour avoir ce regard radieux, figé sur l’infini ?

Maximilien rentre à la maison, prépare quelques brioches avec du café chaud qu’il met dans un Thermos et décide de repartir à leur rencontre aussitôt. Encore une fois, en chemin, il s’arrête net, cloué par le spectacle qui se présente à lui : habilement encadrés par les chiens, les moutons passent à travers les champs sans piétiner le moindre carré semé, porteur des prochaines récoltes. Ils circulent agilement entre les zones de pâture qui leurs sont autorisées et celles qui leurs sont interdites. Dès lors, il assiste à une grande sarabande de moutons, tournant ici et là comme une spirale mystérieuse, se déployant et se rassemblant, se dispersant ou se regroupant au gré du permis et de l’interdit, des espaces d’ouverture ou de fermeture, savamment orchestrés par les chiens et les bergers. Pas la trace d’un seul petit sabot en dehors des zones qui leurs sont réservées. Et ils broutent et broutent encore, avec ordre et en respectant des directions très précises, comme animés par une force de l’univers, comme s’ils étaient les instruments d’un dessein céleste, les pinceaux d’un grand tableau. Et après leur passage, les champs changent curieusement de teintes et de densité.

Maximilien troublé, fasciné, interrompt sa rêverie. Il se présente aux bergers et leur offre des brioches et du café chaud. Ils murmurent un bonjour discret. Le pilote aimerait leur parler, leur voler un peu du secret de leur beauté sans âge. Le premier est un peu plus vieux, les cheveux poivre et sel et les yeux d’un bleu profond. Son compagnon n’a pas plus de 30 ans et son sourire blanc et généreux reflète un état intérieur empli de paix, de force et de lumière. « D’où venez-vous ? » se risque à demander Maximilien.

C’est alors que le plus ancien lui répond : « Que voulez-vous entendre ? Des mots qui s’adressent à la tête ou au coeur ? À l’homme ou à l’Homme ? ». Le visiteur, visiblement surpris, ne sait pas quoi répondre. « Nous vous donnons la réponse la plus facile à comprendre. Un jour, et très bientôt même, vous découvrirez par vous-même qui nous sommes et quelle est notre véritable origine… »

Maximilien est de plus en plus confus. « Mais bon sang, qui sont ces mystérieux gaillards ? marmonne-t-il en silence. Comme s’il avait lu dans ses pensées, le plus jeune lui répondit : « Nous venons du Kosovo. Nous sommes bergers en Suisse depuis quinze ans. En été, nous faisons pâturer nos bêtes en Valais. En hiver, nous faisons la transhumance d’Onnens à Aubonne ». Puis il se tait. Maximilien n’en saura rien de plus. Le chant du vent est revenu se glisser entre eux, ils se saluent courtoisement et se quittent. Quelques minutes plus tard, quand Maximilien se retourne pour voir une dernière fois les deux berges, ils lui adressent un geste amical qui le fit frémir, comme s’il avait reçu un courant d’énergie bienfaisante en plein cœur. Une impulsion, une force et une confiance fabuleuse venait de lui être transmis comme par magie…

Ainsi, de pâture en pâture, nos moutons finirent par quitter la région le 24 décembre pour aller chercher de nouvelles nourritures. Maximilien avait déjà un peu oublié ses amis bergers quand il décida, peu après leur départ, de s’offrir un tour en avion, un vol comme jamais, pour Noël. Une dernière petite acrobatie avant la nouvelle année. Il enfila sa combinaison d’aviateur, se rendit à l’aéroport et fit démarrer son bimoteur. Et Maximilien décolla, sans s’imaginer une seconde qu’il allait découvrir l’impensable, ce qui le changerait fondamentalement pour le restant de sa vie.

Comme d’habitude, il entreprit de survoler son village. Lorsqu’il arriva à la hauteur des champs autour de sa ferme, il crut qu’il devenait fou. Ce qu’il vit alors, là-en bas, resta gravé dans sa mémoire jusqu’à sa mort. Et il en révéla le secret pour la première fois avant de rendre son dernier souffle.

Voilà ce qu’il chuchota : survolant les champs où avaient patiemment, méticuleusement pâturé les moutons de ses amis bergers, il vit une écriture immense, longuement travaillée par les petites mâchoires infatigables des bêtes dévouées à la Grande Cause. En broutant l’herbe soigneusement ici et là, sans hasard ni désordre, mais avec la complicité des chiens et des hommes venus d’Ailleurs, les moutons avaient dessinés des lettres géantes visibles du ciel seulement. Maximilien pouvait alors y lire, avec stupeur et émotion, cette phrase gravée sur la terre :

« Il est vivant ! ».

 

Isabelle Alexandrine Bourgeois

Je suis comme une souffleuse de feuilles mortes

Entre les épisodes qui racontent mon périple et “La route de la joie” à travers l’Europe en 2018, il m’arrive de glisser un petit billet d’humeur du moment.  Cette semaine, en promenant mon chien, je me suis comparée à une souffleuse de feuilles mortes. Je m’explique…

J’ai trouvé la bonne tactique pour rester dans ma joie, malgré la crise autour du Coronavirus. C’est la technique de la “souffleuse de feuilles mortes”. J’écarte de moi tout ce qui pourrait me plomber ou rester coller inopinément à mes semelles, comme une crotte ou un vieux chewing-gum (rire!). Je libère de mon chemin tout ce qui viendrait parasiter mon esprit, y compris mes pensées elles-mêmes. Je dégage de ma route les bulletins d’informations sinistres et les médias anxiogènes, plus mortels que le virus par la peur qu’ils diffusent en boucle et le manque de débat public autour du Covid-19. Je repousse les donneurs de leçons, les terrifiés de la grippe qui s’arrêtent de respirer et prennent le monde en otage pour sauver leur peau. J’éloigne les culpabilisateurs, les bien-pensants qui croient montrer l’exemple en se planquant derrière un masque dont il est largement prouvé qu’il ne protège pas contre le virus. , J’évite les grandes surfaces, les statistiques hypnotiques et les hystériques. Je dégage de ma route tout ce qui me déroute et je ne regarde que ce qui fait chanter mon âme. Et comme par magie, les feuilles mortes ne reviennent plus… En nourrissant la confiance, le détachement, l’acceptation, le bon sens, l’auto-dérision et l’humour, j’ai crée autour de moi une bulle vibratoire positive, une petite sphère exaltante dans laquelle je me déplace toute la journée. Et je crois bien que j’ai fait cela toute ma vie! En maîtrisant la musique de mon esprit, je façonne la réalité que je souhaite. Je n’ai plus de feuilles mortes à repousser, car je ne récolte que des sourires.

Or, cela demande beaucoup de vigilance aussi, une attention permanente aux pensées qui me traversent. Car je passe aussi la souffleuse sur tout ce qui me happe: cette pensée est-elle utile? Est-ce qu’elle vient de mon ego, de mon bagage mémoriel ou est-elle chuchotée par l’intelligence de vie que j’invoque en permanence? En d’autres termes, ma pensée vient-elle de plus grand que moi, de plus haut, ou des trottoirs que je foule? Est-ce que cette pensée divise, sépare ou réunit? Est-ce que je renforce le jeu de la dualité ou est-ce que je la regarde, tout simplement?

Par exemple, même si je prends position et que j’ai la ferme conviction qu’on a monté une escroquerie, en bloquant tous les traitements, en terrorisant la population, en brisant les économies, le temps que les laboratoires mettent le vaccin sur le marché et qu’on installe la 5G, je me contente de rester dans la posture de l’observateur. Je vois et comprends ce qui se joue. Je ne suis pas dupe. En même temps, je n’y mets plus d’énergie négative, de colère ou de jugement. Chacun est à la place la plus juste pour lui. J’affirme mes valeurs tout en respectant les expériences de chacun. Je chasse de mon esprit toute emprise extérieure à moi et je fais de mes pensées superflues, de mes feuilles mortes, du compost pour mon avenir.

Je m’amuse des stratagèmes que la grande conscience met en place pour faire éclore en l’homme sa destinée la plus haute. Comment permettre à chacun de conquérir sa liberté et sa souveraineté, sans nous mettre sous les yeux le mensonge et la manipulation dont nous sommes pris au piège depuis des siècles? Pour sortir de notre prison, ne devons-nous pas d’abord réaliser que nous sommes enfermés? Et qui de mieux placés que nos bourreaux pour nous montrer les barreaux?

Grâce à l’absurdité de ce que nous vivons aujourd’hui,  avec tant de gens qui s’arrêtent de vivre par peur de mourir, il nous est permis de trouver la porte de sortie hors de la matrice planétaire, de cette égrégore collective tissées de nos projections psychiques. Si nous cherchons une logique humaine dans la crise que nous traversons, nous ne la trouverons pas. Mais, au premier degré, si nous voyons tout cela sous l’angle du business boursier, alors tout devient clair et cohérent. Au second degré, c’est beaucoup plus intéressant encore. En percevant en l’ombre le casse-noix qui pulvérise la coquille pour libérer le fruit, nous ne pouvons que nous réjouir! Ou tout du moins, apprendre l’art de se foutre la paix…

François Maurisse, l’homme qui se marie avec les fleurs

 

Après la Corse, j’ai pris le bateau pour Toulon et j’ai fait escale à Bordeaux, au cœur de la nature, où j’ai rencontré un Merlin l’Enchanteur contemporain. Le visage encadré par de fines bouclettes blondes, un chapeau de toile froissé, le pas silencieux et léger, il est à l’affût de chaque brindille, feuilles ou pétale sur son chemin. Il s’appelle François Maurisse et il est l’homme qui se marie avec les fleurs. C’est un exflorateur. En deux mots, il fait de la haute couture végétale ; il créé des « demoiselles » avec des herbettes et tout ce qu’il trouve de plus beau dans la nature. « Je pars en exfloration sans savoir ce que je vais trouver. Et soudain, un endroit m’inspire ». Dans son sac à dos, une petite table pliante, des outils de chirurgien, un appareil-photo de cador. « Je flash sur une fleur, des feuilles, une tige, des pétales », raconte-t-il. « Je les agence en les épinglant sur un fond de papier blanc. Et je photographie en très haute définition ». Le résultat est d’une poésie et d’une délicatesse extrême. Les « herbettes » comme il les appelle, ont l’air de respirer, de danser ou de défiler avec grâce sur le podium du magicien qui n’a que 30 minutes pour immortaliser dans son objectif l’éphémère présence. Après, tout se fane et disparaît. C’est une rencontre amoureuse avec les esprits de la nature.

Forêt primaire

Cet amour pour la nature et les fleurs, François Maurisse l’a développé lors de son expérience inoubliable en Thaïlande où il a vécu un an et demi dans une forêt primaire avec des autochtones. « Contrairement à beaucoup, je n’ai jamais pris d’ayahuasca pour pénétrer dans le grand livre de la nature. Je n’ai jamais voulu tricher ou prendre des raccourcis. Un bon tambour et beaucoup d’amour suffisaient à me faire voyager» explique-t-il.

Cet ancien orpailleur, chasseur de papillons, naufragé, restaurateur et ingénieur du son s’est aujourd’hui reconverti en pygmalion des pétales, des herbettes et des feuillages. Il prête vie à la nature et lui donne un corps et un visage. Et quand on les regarde, ses petites fées mortelles, on ne peut plus passer devant une vigne vierge, un mimosa ou une fleur de pissenlit sans demander quel petit mannequin fabuleux naîtrait des mains de François Maurisse. Il est devenu notre 12ème Nominé de la Joie.

Découvrez son site extraordinaire!

Et voici la vidéo que j’ai réalisée sur François Maurisse…

NOTA BENE: En raison du Covid, toutes mes conférences et les projections de mon film ont été annulées… Si vous souhaitez me soutenir et si vous chercher à offrir un peu de joie sous le sapin de Noël, je serais très heureuse de vous proposer mon livre ou le DVD de “La route de la Joie”, disponible sur mon site ici.

Corse: fromage de chèvres et pardon

Après une bonne heure de traversée, Ulysse et moi débarquons à Bonifacio. La ville est déserte. L’avantage, lorsque l’on voyage en camping-car en basse saison, c’est que l’on peut se garer presque partout. Nous nous plaçons sur le port, avec une vue sublime sur la citadelle. Je passe le reste de la journée à publier sur mon blog, à travailler sur mes divers mandats en communication et à monter la vidéo de mes aventures en Sardaigne. Je
dors parfaitement bien à bord de Begoodee. Se blottir dans cette couchette perchée au-dessus de la cabine de pilotage, c’est comme se retrouver dans un berceau. Et la fine épaisseur de la paroi qui me sépare de l’extérieur me permet de vivre en direct la magie des éléments. C’est comme
si le vent et la pluie traversaient ma chambre à coucher sans que j’en subisse les désagréments. Je me laisse bercer par la musique des notes
de pluie qui tintent sur le toit et le sifflement du vent secouant la carlingue. Je me sens plus vivante que jamais. Je me réveille tous les matins
aux aurores pour ne pas perdre une seconde de mon rêve. Dans la vie, tu as deux choix le matin : soit tu te recouches pour continuer tes rêves, 59 soit tu te lèves pour les réaliser, avais-je lui quelque part. Je remonte mes stores et je ne vois toujours personne à l’horizon. Quelle étrange sensation que celle de se retrouver dans cette ville fantomatique en hiver !

Finalement, tout au bout du port, j’aperçois deux pêcheurs discuter. Avec Ulysse à la laisse, je les aborde sur la pointe des pieds. Je me présente et parle pudiquement de mon projet. Heu… pardonnez-moi, mais connaissez-vous quelqu’un de vrai et d’authentique dans la région ? Quelqu’un qui a gardé la passion et la joie ? Toute proportion gardée, je me sens un peu dans la peau du philosophe grec Diogène qui promenait sa lanterne parmi la foule en clamant : Je cherche un Homme. Les deux pêcheurs me dévisagent, perplexes. L’un d’eux répond, avec un fort accent local : Il faut aller voir Joseph le berger ! C’est un passionné et vous ne serez pas déçue ! Je les remercie et retourne à mon bus. Moteur ! J’ai fidèlement suivi les consignes du pêcheur et je me gare devant un restaurant en bord de mer. Au-dessus de la porte d’entrée, une enseigne qui annonce tout de suite la couleur : Ici, on cultive la bonne humeur ! Mauvaise herbe, arrache-toi ! Comme indiqué par le pêcheur sur le quai, je dois monter un sentier qui zigzague entre buissons odorants et rocaille. À mi-chemin, j’entends un quad se rapprocher. Quand je me retourne, je vois d’abord un sourire radieux. Le conducteur s’arrête. Je lui dis que j’aimerais rencontrer un berger qui s’appelle Baptiste. Lui, c’est Paul. Il est son frère et le gérant du restaurant Santa Manza sur la plage que je viens de passer. Mais il me prévient, en se frottant le menton : Mmmm…il vaut mieux l’appeler avant de passer. Il est assez spécial… Nous tentons de l’appeler, mais le berger ne répond pas. En attendant, Paul m’invite à prendre le café chez lui dans une petite maison traditionnelle construite en pierres et vieille de deux- cents ans où il vit avec son autre frère Charles. Ce dernier m’accueille aussi chaleureusement. Charles et Paul me parlent de leur amour pour cette terre corse et combien ils sont heureux de respirer un peu, avant la grosse saison touristique. Ils m’offrent un bon café et me parlent ouvertement de ce qui les met en joie. Moi, c’est de préparer un bon repas pour mes amis, comme aujourd’hui, une bonne chasse de sanglier, de la polenta et une partie de pétanque ! raconte Paul en touillant sa grande casserole qui libère un fumet irrésistible. Quant à Charles, il répond du tac au tac : Viens voir, je vais te montrer ce qui me rend heureux tous les matins. Nous sortons et je le suis. J’ai l’impression qu’il va lever le rideau sur un grand spectacle. Je ne me trompe pas. Je découvre une vue à couper le souffle, la mer, décou- pée sur le littoral, un golfe couleur émeraude, avec au loin des cimes enneigées. Je vois la garrigue sauvage à perte de vue et des buissons où niche une vie foisonnante. Avant l’arrivée des hôtes des deux frères, je propose d’aller rencontrer le fameux Joseph pour lui acheter du fromage. Quand je tourne les talons, les deux compères me regardent un peu amusés et je me demande bien pourquoi.

Joseph le berger
Parking de rêve (avec autorisation) sur la plage privée de Santa ManzaÀ l’approche de la fromagerie, je vois un homme sortir de son pick-up et marcher lentement dans ma direction, les poings sur les hanches, la mine renfrognée. Un peu comme dans les Westerns, à la manière d’un cow-boy qu’il ne faut pas déranger. L’homme se campe devant moi en écartant les jambes : Qu’est-ce que vous me voulez ? grogne-t-il, méfiant et manifeste- ment pressé d’en finir avec ce moucheron débarqué dans son potage. Je glisse ma main dans ma besace pour y saisir deux mini Toblerone que je lui tends, en esquissant un sourire gêné. Je me dis que personne ne peut résister à du chocolat suisse ! Range-moi ces conneries et dis-moi plutôt ce que tu fais là ! Je bredouille quelques mots pour lui expliquer l’objet de ma visite. Au port, on m’a dit que vous étiez un gars joyeux et comme je cherche à les rencontrer pour les interviewer, voilà pourquoi je suis là ! Il hoche la tête, consterné. Allez, tout ça, c’est des bobards. Pars maintenant ! Je ne vacille pas d’un poil de biquette. Par expérience, je sais que derrière chaque porte blindée, il peut y avoir des lingots d’or et un cœur tendre. Je me relie à lui sans jugement et je ne réagis pas à ces intimidations. Je renonce à mon projet d’interviewer ce gaillard qui n’est visible- ment pas demandeur. Et je fais bifurquer la discussion sur ses fromages. Je lui dis que j’aimerais bien lui acheter quelques tomes parce qu’on m’a dit qu’elles étaient les meilleures de toute la Corse. Alors là, c’était le bon mot de passe ! Une fois le seuil de sa fromagerie franchi, l’ogre s’est changé en agneau. Il m’a même offert un magnifique brocciu de chèvre et je lui ai acheté plusieurs autres variétés. Complètement détendu, il se met à me parler avec sincérité. Vous savez, je suis désolé pour les chocolats. En vérité, je les adore, mais ce sont mes dents qui ne les aiment pas ! Nous éclatons de rire ! Pardon de t’avoir un peu mal reçue, mais je me méfie des visiteurs parce qu’il est déjà souvent arrivé que des promoteurs immobiliers m’envoient des espions pour me tirer les vers du nez, pour acheter mes terres et celles de mes frères pour y construire des immeubles. J’ai peur de voir ce paradis naturel se faire grignoter par l’appétit toujours plus vorace de promoteurs sans scrupules. Pour Joseph, le bonheur ne se partage pas. Il est pour soi ! C’est un cadeau du ciel à ne pas mettre entre des mains indignes, me dit-il. C’est pour cela que Joseph et ses frères le protègent bec et ongles. Je comprends leurs craintes. En nous séparant, il me donne une bonne tape sur l’épaule qui me fait presque tomber. Toi et tes amis joyeux, revenez quand vous voulez, lâche-t-il avec une puissante voix.

Le pardon
En revenant chez Paul et Charles, un verre de vin et un morceau de tomme m’attendent sur la table. Tu restes avec nous pour le repas ! Nos amis sont 100% du terroir et ainsi tu rencontreras d’autres vrais Corses, lance chaleureusement Paul. Les invités se font un peu désirer, alors en attendant, Paul m’emmène sur son quad visiter un barraconu (prononcez barrrraconouuu). Ces petits dômes antiques construits en pierres sèches étaient probablement les cabanes de paysans d’autrefois. Toute la région était cultivée à grande échelle. Regarde la beauté de ce linteau, une belle masse en granit, s’émerveille Paul en caressant la pierre. Il est vrai que je n’ai jamais vu d’aussi beaux murs en pierres sèches !

Ulysse, sur la route de Santa Manza

À table, je suis entourée de cinq sacrés gaillards qui enchaînent les blagues grivoises. La viande de gibier est sublime et fond sous la langue. Comme toujours, si j’y pense, je remercie en silence la bête pour avoir fait don de sa vie. La polenta est servie avec une grande spatule de bois. À mon départ, je reçois encore une bouteille de vin et la permission de passer la nuit à bord de Begoodee, sur leur plage privée, en contrebas.
Le lendemain à midi, j’ai invité Paul à manger une bonne fondue au fromage. Et pour le remercier de tant de gentillesse, je lui offre un joli couteau suisse. De ce moment d’amitié naissent une belle complicité et une atmosphère propice aux confidences. Paul s’ouvre et me parle d’un souvenir très douloureux de son passé. Je lui prête une oreille attentive. Son histoire me touche profondément. Il me raconte qu’il a vécu un drame il y a 18 ans. Sa femme était enceinte et, quatre jours après le terme, se sentait souffrante. Elle avait été conduite en ambulance aux Urgences où il n’y avait qu’une sage-femme présente sur place. Parce que c’était un dimanche soir, me raconte Paul. Contacté par téléphone, notre médecin-gynécologue n’a pas jugé nécessaire de se déplacer. Il a toutefois prescrit un médicament que l’on ne donne habituellement jamais aux femmes enceintes, déplore-t-il, les dents serrées. Malgré plusieurs rappels au médecin par la sage-femme qui s’inquiète pour sa patiente dont l’état s’aggrave rapidement, celui-ci ne répond plus. Sa femme et son bébé, une fille, décèderont le lendemain. Mon enfant aurait pu être sauvé, mais là encore, personne n’est intervenu. En quelques heures, mon amour, ma famille et mon avenir ont été assassinés par la négligence d’une poignée d’individus. Paul a tout tenté pour obtenir réparation et dénoncer les irrégularités, les incompétences et l’incapacité de ceux qui ont été impliqués dans ce drame. Les institutions auxquelles je m’étais adressé pour chercher de l’aide ont préféré l’impunité au respect de la justice. Je n’ai rencontré que mépris, indifférence et corruption alors que je n’avais besoin d’entendre qu’un pardon. Je ne cherchais même pas à obtenir des indemnités, mais au moins des excuses de la part de quelqu’un. De n’importe qui mais de quelqu’un ! Alors la colère ne m’a jamais quittée et je n’arrive pas à tourner la page, continue-t-il. Malgré le suicide du médecin, je n’ai pas réussi à pardonner. Mon action en justice auprès du juge est restée lettre morte. Cela fait 18 ans que j’attends que l’on m’écoute !

Je décide alors de lui offrir l’une des lampes de Joy for the Planet, comme une bouteille jetée à la mer, avec le cri de désespoir d’un père et d’un mari meurtris. En écrivant ces lignes, je garde le fragile espoir que quelqu’un peut-être la trouvera sur la plage de la compassion. Voici un peu de lumière pour te donner la force de te libérer de cette mémoire qui te hante encore, lui dis-je. Pardonner, ce n’est pas excuser ni oublier ce qui a été accompli. C’est simplement se donner le droit de vivre à nouveau en paix. En saisissant la lampe, Paul est pris d’une vive émotion. C’est la première fois que je parle de cela depuis 18 ans. Je ne te promets pas de réussir à pardonner, Isabelle. Mais si un jour, je ressens l’élan de me rendre dans la nature pour transformer mon deuil, je te promets d’emporter ma lampe avec moi, me dit-il, les yeux mouillés. Il déplie le petit billet glissé à l’in- térieur du bocal. Que cette lumière t’apporte tout le réconfort dont tu as besoin, était-il écrit en italien. Aussi troublant fût-il, le message était signé par deux femmes qui avaient fabriqué cette lampe pendant l’atelier de Cagliari. Dans toute ma cargaison, c’était la seule fois qu’une lampe avait été réalisée par deux personnes, deux femmes de surcroît. Comme si l’épouse et la fille de Paul lui tendaient la main pour lui montrer le chemin de la guérison.
La route de la joie

Ici, sur ce petit échantillon de mer azur, je savoure la douceur de l’amitié entre un homme et une femme qui se connaissent à peine. Une entente qui n’est pas brouillée par le filtre de la séduction, du désir ou des sentiments éphémères. L’énergie entre nous est claire et sans ambiguïté. Elle est vivante comme la main d’un écrivain. Nous nous prenons dans les bras. Paul descend du bus, sa petite lampe sous le bras. Avant de partir, je lui demande encore de coller l’autocollant de la Corse au dos de Begoodee. Je démarre et m’éloigne sur un bon coup de Cucaracha !
Merci à ces trois frères qui, chacun à sa manière, m’ont offert le meilleur de lui-même, dans une intensité et une authenticité rares. Ils m’ont montré le meilleur de la Corse. Je reviendrai manger au petit restaurant bleu et jaune au bord de la plage à Santa Manza.

Extrait du livre “La route de la Joie” (Éditions Ambre) par Isabelle A. Bourgeois

En route pour la Sardaigne

À l’occasion de la parution de l’édition italienne du livre “Le théâtre du Vécu” et dans le cadre de mon périple à travers toute l’Europe pour saluer des actions porteuses de joie et de lumière, j’ai décidé de passer par la Sardaigne et Cagliari pour saluer l’engagement du Professeur Jean-Philippe Assal et du Dr. Luciano Carboni en faveur de l’accompagnement thérapeutique des malades, en Suisse, en Italie, en Europe et dans le monde.

Grâce au Théâtre du Vécu, le Prof. Jean-Philippe Assal (fondateur) et le Dr. Luciano Carboni (qui a développé cet outil thérapeutique en Italie) ont permis à des milliers de patients de cohabiter plus légèrement avec leur maladie et de voir en elle une alliée dans le développement de leur existence et de leur bonheur fragile.

Depuis 15 ans et dans une dizaine de pays, le Théâtre du Vécu a permis de révéler le vécu silencieux, lourd, pénible, et générateur d’impuissance de tant de personnes diverses : malades chroniques, soignants, humanitaires, mais aussi éducateurs et formateurs. En rendant possible le dépassement de cette souffrance par l’expression artistique théâtrale, il les aide à mieux assumer leurs difficultés, à sortir de leur solitude, à retrouver une capacité d’agir. Une approche dont nous aurions plus que jamais besoin aujourd’hui, deux ans après mon voyage, pour remettre de la vie et de l’humanité dans l’encadrement thérapeutique des malades, en particulier autour de la problématique du Covid. Chaque jour, je reçois des témoignages de connaissances dont les proches meurent plus de chagrin et maltraitance en milieu hospitalier et dans les EMS que du virus lui-même.

J’ai profité de ma présence à Cagliari pour animer deux ateliers de création de lampes solaires pour 24 participants, médecins ou malades chroniques. L’un d’entre eux m’a dit ces mots touchants: “Je n’aurais pas imaginé que je puisse encore offrir quelque chose de beau et de lumineux en moi. Cela m’a fait un bien fou de me rendre utile et de pouvoir offrir ma flamme à quelqu’un”. Je suis donc repartie avec une cargaison de nouvelles lampes solaires à distribuer en chemin à des porteurs de joie ou à ceux qui pourraient en avoir besoin.

Premier coup de pouce

J’ai réalisé l’une des promesses que je m’étais faite au cours de cette aventure: emmener à bord de Begoodee des gens rendus vulnérables par une maladie, une baisse de moral, un handicap ou autre.

Ma première passagère est sarde et s’appelle Sandra. Après de longues années de souffrances physiques, Sandra a reçu deux organes d’un jeune homme décédé accidentellement à 20 ans. Depuis, elle n’avait jamais osé partir trop loin, ni même s’approcher d’un animal. Peur d’une infection, d’être loin d’un centre médical. En une journée, Sandra a dépassé ses peurs. Elle rêvait de s’échapper un seul jour de sa routine. D’aller respirer la mer…

Alors avec mon chien Ulysse, nous sommes parties à Villasimius, à une heure de Cagliari. Nous avons foulé le sable de la Méditerranée, respiré à pleins poumons les offrandes olfactives de la mer. Sandra m’a confié ses peurs, ses peines et ses espoirs. Elle est rentrée avec de nouveaux projets d’avenir. Elle a déplacé les frontières de ses croyances et a élargi son horizon… Quand je vois la manière avec laquelle Sandra savoure aujourd’hui son existence et combien elle l’honore, je me dis que ce jeune n’est pas mort pour rien… Au contraire, grâce à lui, la puissante lumière intérieure de cette femme peut continuer à éclairer d’autres destins comme le mien.

Et aujourd’hui, en 2020?
Plus que jamais, je reste persuadée que nous sommes les filles et les fils de la Terre qui nous met à disposition son abondance et ses bienfaits. Seul petit problème, ses ressources sont devenues la propriété exclusives de quelques-uns au détriment de la collectivité humaine. Je pense que la plus belle manière de traverser la crise que nous vivons aujourd’hui est de rester profondément reliés avec notre planète, en nous soignant par des remèdes naturels, en nous ressourçant dans la nature, en nous inspirant de l’intelligence de vie à chaque instant. Quelques soient les contraintes qui nous sont imposées, c’est à nous d’inventer un chemin de liberté dans les toutes petites actions que nous pouvons accomplir à partir d’un espace de souveraineté en soi. Jouons à cache-cache avec l’absurdité d’un système mécanique et technocrate qui cherche à nous prendre en otages en réactivant la plus grande humanité en nous. Que chacun aille chercher ce qui le met en joie et qu’il en fasse profiter les autres.

Sur ma rencontre avec Sarah Manis, lire l’intégralité de l’article ici.

Toute l’aventure dans le livre ou le DVD (dès janvier) “La route de la Joie” (Editions Ambre) ou par téléchargement ici

Et les vidéos de la semaine que je vous invite à découvrir, parce qu’elles sont en lien avec la conquête de la joie…

  1. Ema Krusi et Pascal Bouteillon sur la liberté de conscience interviewés par mes soins
  2. Hold-Up
  3. Le totalitarimse et le choix de la vie héroïque

Escale dans les Temples de l’Humanité, à Damanhur

Après une semaine de route, un atelier de lampes solaires aux Ateliers de la Côte pour faire le plein de lumière à offrir en chemin; après une escale dans un EMS à Montreux, où j’ai rencontré notre première Nominée de la Joie, Marie Mellioret (nous reviendrons à elle plus tard) je me suis arrêtée à Damanhur…Cette excavation spectaculaire a été commencée sans autorisation en 1978 sous l’impulsion d’Oberto Airaudi, un courtier en assurances et artiste italien né en 1950 et décédé en juin 2013. À l’âge de 10 ans déjà, Airaudi fut pris de visions dans lesquelles figuraient des temples somptueux où vivait une communauté de personnes vouée au bien-être commun. Dès 1977, avec quelques amis de confiance, il effectue une prospection pour localiser de la roche assez dure et compacte pour contenir les structures qu’il avait « vues ». Une maison est construite en surface afin d’y loger et de camoufler le point d’entrée des travaux. En août 1978, premier coup de pioche. Pour financer l’opération, certains bénévoles ouvrent des petits commerces dans la ville voisine, le bouche à oreille se met en branle et bientôt des volontaires affluent des quatre coins du monde avec pour seul guide des travaux les dessins des visions d’Airaudi.

Forages clandestins de nuit

Pendant des années, de nuit, des tonnes de roche sont ainsi extraites à la main pour excaver sept temples sur cinq niveaux à 30 mètres sous terre. Or le chantier presque terminé survient la dénonciation aux autorités de la part de voisins inquiets du va-et-vient nocturne mystérieux et interminable. Dans un premier temps, les autorités songent à dynamiter la colline, puis les ouvriers héroïques doivent se résoudre à faire visiter l’ouvrage. Abasourdis par ce qu’ils découvrent, les services publics s’en émeuvent et autorisent la finition des temples existants. Bientôt baptisé « huitième merveille du monde » par de nombreuses instances, le site devient une attraction et un lieu de pèlerinage qui revitalise la région. Racontant en trois dimensions l’histoire de l’humanité, les temples et les tunnels qui les relient occupent 8500 m3 ! Le nom du village qui prend naissance en surface fait référence à l’ancienne cité égyptienne de Damanhur qui abritait un temple d’Horus.

Un éco-village récompensé par les Nations-Unies

Aujourd’hui, les habitants de Damanhur ont leurs propres écoles, magasins, vignobles, fermes, boulangeries et maisons écologiques. Ils n’ont pas de maître spirituel, mais leurs temples leur permettent de méditer en groupe en se réclamant de la théosophie. Ils puisent leur inspiration dans le principe de solidarité. Les règles de vie sont basées sur le bon sens et l’appréciation d’autrui, la spiritualité et le respect de l’environnement devant présider aux relations entre la planète et le monde vivant. À Damanhur, on ne cherche pas à convaincre mais à inspirer. « Les temples sont la preuve que nous sommes capables de bien plus que ce que nous pensons être capables. Les trésors cachés sont en chacun de nous, il suffit de trouver le moyen d’y accéder », racontait Oberto Airaudi décédé en 2014.

Aujourd’hui, ce site est sincèrement bien plus qu’une curiosité à découvrir. C’est un rendez-vous avec le coeur de l’homme. Les Temples sont “vivants” et en perpétuel renouvellement selon les mouvements et les cycles de la vie et l’inspiration des membres et des artistes de la communauté. Régulièrement, les fresques sont restaurées ou remplacées par d’autres. C’est aussi un lieu de recherche et de pratiques scientifiques et médicales à la fois allopathiques et alternatives qui réunit des médecins désireux de pratiquer la complémentarité.

 

Après Marie Mellioret, les Ateliers de la Côte, j’ai remis notre 3ème trophée à l’une res représentantes de la communauté, Diomedea Auguria. Damanhur a été primée par l’UNESCO pour son modèle d’éco-village exemplaire.

La joie selon Nassim Haramein

J’avais rencontré Nassim Haramein avant mon départ pour mon road-trip européen en quête de Joyeux. Né à Genève en 1962, le physicien développe une théorie passionnante appelée “la théorie du champ unifié” qui suppose que tout, dans l’univers est connecté, de l’échelle la plus petite à la plus grande, grâce au rôle unificateur de la gravité. Selon sa  théorie, c’est l’espace qui définit la matière. C’est l’espace qui relie l’ensemble de l’univers ou l’ensemble d’une particule. L’espace est présent entre les galaxies, entre les planètes, entre nos cellules, entre nos atomes… La structure atomique est constituée de 99,99% d’espace. En fait, le monde matériel est constitué essentiellement de vide, la matière ne représente que 0,01%. Nassim Haramein propose de s’intéresser plutôt à la partie vide qu’à la partie physique. Ses théories dérangent et bouleversent la vision que nous avons de l’univers du macrocosme et du microcosme. Il donne régulièrement des cours académiques et scientifiques en ligne à tous ceux qui sont intéressés par la science et la conscience…

C’est lors d’une visite dans le Nord de l’Italie où il donnait une conférence que je lui avais tendu le micro sur le thème de la joie… Un sujet plus que jamais d’actualité. Son approche me fait penser à la très longue étude du Ph.D. David R. Hawkins (elle a duré 30 ans) qui nous invite à oeuvrer sur la qualité de notre énergie. Comme lui, je pense qu’en élevant notre vibration par la joie, en aimant, souriant, remerciant, jouant, peignant, chantant, dansant, méditant, marchant au soleil, faisant de l’exercice, profitant de la nature, nous tirons profit de ce champ unifié dans son optimalité. C’est, il me semble, la plus puissante manière de booster notre système immunitaire et de se protéger contre la maladie, en complément bien sûr à une alimentation saine et à la médecine naturelle. À ce sujet, je vous invite aussi à lire l’ouvrage éclairantPouvoir contre force: les déterminants cachés du comportement humain” basé sur la thèse de doctorat de David R. Hawkins. “Pour les humains ayant une vibration plus élevée, l’infection virale est un irritant mineur qui disparaîtra bientôt”, écrit-il. 

 

Pourquoi diffuser la joie et préparatifs de Begoodee

Dans un monde qui souffre, Joy for the Planet a pour but de partager, sous forme de reportages, les recettes de ceux qui réussissent à vivre leur joie au quotidien quelques soient les épreuves et les revers de l’existence. Face à un monde en pertes de repères, à des menaces et des problématiques anxiogènes omniprésentes, comment rester confiant et optimiste? Comment garder l’envie de se lever le matin?

Dualisme et condition humaine
Notre monde est dualiste, balançant depuis la nuit des temps entre l’ombre et la lumière, le plaisir et la douleur, la paix et la guerre, la naissance et la mort. C’est ainsi et il n’y a rien à changer. Nous pouvons apprendre à l’accepter, petit à petit, comme un apprivoisement. Notre libre-arbitre s’opère dans le choix de la manière avec laquelle nous abordons les événements de l’existence, agréable ou douloureux. « Rien n’est bon ni mauvais en soi, sinon l’idée qu’on s’en fait » avais-je lu quelque part.

Si déjà nous devons traverser cette expérience terrestre, autant la vivre le plus joyeusement possible, non? Non pas en niant la réalité autour de nous, parfois terriblement corrosive, mais en la transformant avec courage, hauteur et confiance. En dépassant nos peurs et nos conditionnements pour laisser s’exprimer notre essence et notre bienveillance. L’optimisme, prendre du recul sur ce qui nous met à terre, rester ouvert malgré tout, non seulement protège l’organisme mais nous ajuste toujours un peu plus sur les rails de notre destinée. La médecine, la psychiatrie et la psychologie ont amplement montré combien les émotions et pensées négatives nous crispent, nous fatiguent et, à la longue, nous fragilisent. Il ne s’agit pas de refouler nos maux mais de ne pas s’y installer en mettant tout en oeuvre pour en faire des marche-pieds vers la liberté.

Vivre mieux, tout simplement
Joy for the Planet a pour but de vous donner les ingrédients, les formules et les recettes de cuisiner votre destinée pour lui donner la meilleure saveur possible. Pourquoi? Parce que je crois qu’un être de plus sur cette Terre reconnecté à sa joie profonde contribue à alléger non seulement son histoire personnelle mais aussi le sort de toute l’humanité. Vivre et inventer de tous petits bonheurs au quotidien, malgré les événements anxiogènes autour du Coronavirus, c’est se créer un avenir plus ou moins hors de portée des grands malheurs de ce monde. Et c’est aussi entraîner les autres avec soi dans son lumineux sillage…

S’ouvrir à soi, c’est ouvrir en même temps les autres
Une étude menée pendant 30 ans par le scientifique et philosophe David R. Hawkins « Pouvoir contre Force » (Editions Guy Trédaniel) sur les déterminants cachés du comportement humain aurait permis de tirer cette conclusion étonnante:

  1. un optimiste compenserait 90’000 personnes résidant aux plus bas niveaux des énergies.
  2. 1 seul individu qui vibre en accord avec l’énergie de l’amour et du respect pour tout compenserait 750’000 personnes négatives.
  3. Un individu qui vit et vibre en accord avec l’énergie de l’illumination, de la félicité et de la paix infinie va contrebalancer la négativité de 10 millions de personnes (environ 22 sages correspondant à cette définition seraient vivants aujourd’hui).
  4. Un individu qui vit et vibre en accord avec l’énergie de la grâce, du pur esprit qui transcende le corps, dans un monde sans dualité et de complète unité, va contrebalancer la négativité de 70 millions de personnes négatives (environ dix sages correspondent à cette définition)
  5. Un seul avatar vivant au plus haut niveau de conscience au cours de cette période historique où l’utilisation du titre « Seigneur » (Jésus, Krshna ou Bouddha) est appropriée, contre-balançerait la négativité collective de toute l’humanité dans le monde d’aujourd’hui.
  6. La population humaine s’auto-détruirait si elle n’était pas contrebalancée par ces champs d’énergie supérieure.Je ne me profile pas comme ambassadrice de cette théorie dont je n’ai pas les facultés de vérifier la pertinence. Cependant, mon expérience personnelle m’a donné la conviction qu’en étant profondément aligné sur sa mission de vie et ses valeurs, émanait de nous une énergie positive contagieuse et créatrice.

C’est donc pour donner l’envie à chacun d’apprendre à savourer son existence, avec ses ratures ou ses chefs-d’oeuvres, que je souhaite investir toute mon énergie dans Joy for the Planet à travers des reportages en Suisse et en Europe, au service du meilleur de l’Homme.

«J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. » Voltaire

Voici une vidéo sur les préparatifs de mon bon vieux Fiat Ducato Hymer que j’ai fait joyeusement recustomisé! Avec Yan Ansermier, Paolo Soares et Yves Linder à la mécanique, Sacheen Sierro au marketing et Fabienne Baeschler qui a réalisé les peintures murales à l’intérieur de mon van.