En route pour la Sardaigne

À l’occasion de la parution de l’édition italienne du livre “Le théâtre du Vécu” et dans le cadre de mon périple à travers toute l’Europe pour saluer des actions porteuses de joie et de lumière, j’ai décidé de passer par la Sardaigne et Cagliari pour saluer l’engagement du Professeur Jean-Philippe Assal et du Dr. Luciano Carboni en faveur de l’accompagnement thérapeutique des malades, en Suisse, en Italie, en Europe et dans le monde.

Grâce au Théâtre du Vécu, le Prof. Jean-Philippe Assal (fondateur) et le Dr. Luciano Carboni (qui a développé cet outil thérapeutique en Italie) ont permis à des milliers de patients de cohabiter plus légèrement avec leur maladie et de voir en elle une alliée dans le développement de leur existence et de leur bonheur fragile.

Depuis 15 ans et dans une dizaine de pays, le Théâtre du Vécu a permis de révéler le vécu silencieux, lourd, pénible, et générateur d’impuissance de tant de personnes diverses : malades chroniques, soignants, humanitaires, mais aussi éducateurs et formateurs. En rendant possible le dépassement de cette souffrance par l’expression artistique théâtrale, il les aide à mieux assumer leurs difficultés, à sortir de leur solitude, à retrouver une capacité d’agir. Une approche dont nous aurions plus que jamais besoin aujourd’hui, deux ans après mon voyage, pour remettre de la vie et de l’humanité dans l’encadrement thérapeutique des malades, en particulier autour de la problématique du Covid. Chaque jour, je reçois des témoignages de connaissances dont les proches meurent plus de chagrin et maltraitance en milieu hospitalier et dans les EMS que du virus lui-même.

J’ai profité de ma présence à Cagliari pour animer deux ateliers de création de lampes solaires pour 24 participants, médecins ou malades chroniques. L’un d’entre eux m’a dit ces mots touchants: “Je n’aurais pas imaginé que je puisse encore offrir quelque chose de beau et de lumineux en moi. Cela m’a fait un bien fou de me rendre utile et de pouvoir offrir ma flamme à quelqu’un”. Je suis donc repartie avec une cargaison de nouvelles lampes solaires à distribuer en chemin à des porteurs de joie ou à ceux qui pourraient en avoir besoin.

Premier coup de pouce

J’ai réalisé l’une des promesses que je m’étais faite au cours de cette aventure: emmener à bord de Begoodee des gens rendus vulnérables par une maladie, une baisse de moral, un handicap ou autre.

Ma première passagère est sarde et s’appelle Sandra. Après de longues années de souffrances physiques, Sandra a reçu deux organes d’un jeune homme décédé accidentellement à 20 ans. Depuis, elle n’avait jamais osé partir trop loin, ni même s’approcher d’un animal. Peur d’une infection, d’être loin d’un centre médical. En une journée, Sandra a dépassé ses peurs. Elle rêvait de s’échapper un seul jour de sa routine. D’aller respirer la mer…

Alors avec mon chien Ulysse, nous sommes parties à Villasimius, à une heure de Cagliari. Nous avons foulé le sable de la Méditerranée, respiré à pleins poumons les offrandes olfactives de la mer. Sandra m’a confié ses peurs, ses peines et ses espoirs. Elle est rentrée avec de nouveaux projets d’avenir. Elle a déplacé les frontières de ses croyances et a élargi son horizon… Quand je vois la manière avec laquelle Sandra savoure aujourd’hui son existence et combien elle l’honore, je me dis que ce jeune n’est pas mort pour rien… Au contraire, grâce à lui, la puissante lumière intérieure de cette femme peut continuer à éclairer d’autres destins comme le mien.

Et aujourd’hui, en 2020?
Plus que jamais, je reste persuadée que nous sommes les filles et les fils de la Terre qui nous met à disposition son abondance et ses bienfaits. Seul petit problème, ses ressources sont devenues la propriété exclusives de quelques-uns au détriment de la collectivité humaine. Je pense que la plus belle manière de traverser la crise que nous vivons aujourd’hui est de rester profondément reliés avec notre planète, en nous soignant par des remèdes naturels, en nous ressourçant dans la nature, en nous inspirant de l’intelligence de vie à chaque instant. Quelques soient les contraintes qui nous sont imposées, c’est à nous d’inventer un chemin de liberté dans les toutes petites actions que nous pouvons accomplir à partir d’un espace de souveraineté en soi. Jouons à cache-cache avec l’absurdité d’un système mécanique et technocrate qui cherche à nous prendre en otages en réactivant la plus grande humanité en nous. Que chacun aille chercher ce qui le met en joie et qu’il en fasse profiter les autres.

Sur ma rencontre avec Sarah Manis, lire l’intégralité de l’article ici.

Toute l’aventure dans le livre ou le DVD (dès janvier) “La route de la Joie” (Editions Ambre) ou par téléchargement ici

Et les vidéos de la semaine que je vous invite à découvrir, parce qu’elles sont en lien avec la conquête de la joie…

  1. Ema Krusi et Pascal Bouteillon sur la liberté de conscience interviewés par mes soins
  2. Hold-Up
  3. Le totalitarimse et le choix de la vie héroïque
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Isabelle Alexandrine Bourgeois

Après avoir collaboré pour la télévision, la presse écrite et la radio, Isabelle A. Bourgeois est déléguée humanitaire auprès du CICR avant de devenir rédactrice en chef du magazine du CICR "Avenue de la Paix". En 2018, avec Joy for the Planet, Isabelle traverse 23 pays comme journaliste bénévole pour partager le meilleur de l'homme, raconté dans «La route de la Joie», paru en janvier 2020.

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