Escale dans les Temples de l’Humanité, à Damanhur

Après une semaine de route, un atelier de lampes solaires aux Ateliers de la Côte pour faire le plein de lumière à offrir en chemin; après une escale dans un EMS à Montreux, où j’ai rencontré notre première Nominée de la Joie, Marie Mellioret (nous reviendrons à elle plus tard) je me suis arrêtée à Damanhur…Cette excavation spectaculaire a été commencée sans autorisation en 1978 sous l’impulsion d’Oberto Airaudi, un courtier en assurances et artiste italien né en 1950 et décédé en juin 2013. À l’âge de 10 ans déjà, Airaudi fut pris de visions dans lesquelles figuraient des temples somptueux où vivait une communauté de personnes vouée au bien-être commun. Dès 1977, avec quelques amis de confiance, il effectue une prospection pour localiser de la roche assez dure et compacte pour contenir les structures qu’il avait « vues ». Une maison est construite en surface afin d’y loger et de camoufler le point d’entrée des travaux. En août 1978, premier coup de pioche. Pour financer l’opération, certains bénévoles ouvrent des petits commerces dans la ville voisine, le bouche à oreille se met en branle et bientôt des volontaires affluent des quatre coins du monde avec pour seul guide des travaux les dessins des visions d’Airaudi.

Forages clandestins de nuit

Pendant des années, de nuit, des tonnes de roche sont ainsi extraites à la main pour excaver sept temples sur cinq niveaux à 30 mètres sous terre. Or le chantier presque terminé survient la dénonciation aux autorités de la part de voisins inquiets du va-et-vient nocturne mystérieux et interminable. Dans un premier temps, les autorités songent à dynamiter la colline, puis les ouvriers héroïques doivent se résoudre à faire visiter l’ouvrage. Abasourdis par ce qu’ils découvrent, les services publics s’en émeuvent et autorisent la finition des temples existants. Bientôt baptisé « huitième merveille du monde » par de nombreuses instances, le site devient une attraction et un lieu de pèlerinage qui revitalise la région. Racontant en trois dimensions l’histoire de l’humanité, les temples et les tunnels qui les relient occupent 8500 m3 ! Le nom du village qui prend naissance en surface fait référence à l’ancienne cité égyptienne de Damanhur qui abritait un temple d’Horus.

Un éco-village récompensé par les Nations-Unies

Aujourd’hui, les habitants de Damanhur ont leurs propres écoles, magasins, vignobles, fermes, boulangeries et maisons écologiques. Ils n’ont pas de maître spirituel, mais leurs temples leur permettent de méditer en groupe en se réclamant de la théosophie. Ils puisent leur inspiration dans le principe de solidarité. Les règles de vie sont basées sur le bon sens et l’appréciation d’autrui, la spiritualité et le respect de l’environnement devant présider aux relations entre la planète et le monde vivant. À Damanhur, on ne cherche pas à convaincre mais à inspirer. « Les temples sont la preuve que nous sommes capables de bien plus que ce que nous pensons être capables. Les trésors cachés sont en chacun de nous, il suffit de trouver le moyen d’y accéder », racontait Oberto Airaudi décédé en 2014.

Aujourd’hui, ce site est sincèrement bien plus qu’une curiosité à découvrir. C’est un rendez-vous avec le coeur de l’homme. Les Temples sont “vivants” et en perpétuel renouvellement selon les mouvements et les cycles de la vie et l’inspiration des membres et des artistes de la communauté. Régulièrement, les fresques sont restaurées ou remplacées par d’autres. C’est aussi un lieu de recherche et de pratiques scientifiques et médicales à la fois allopathiques et alternatives qui réunit des médecins désireux de pratiquer la complémentarité.

 

Après Marie Mellioret, les Ateliers de la Côte, j’ai remis notre 3ème trophée à l’une res représentantes de la communauté, Diomedea Auguria. Damanhur a été primée par l’UNESCO pour son modèle d’éco-village exemplaire.

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Isabelle Alexandrine Bourgeois

Après avoir collaboré pour la télévision, la presse écrite et la radio, Isabelle A. Bourgeois est déléguée humanitaire auprès du CICR avant de devenir rédactrice en chef du magazine du CICR "Avenue de la Paix". En 2018, avec Joy for the Planet, Isabelle traverse 23 pays comme journaliste bénévole pour partager le meilleur de l'homme, raconté dans «La route de la Joie», paru en janvier 2020.

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