Hara qui rit ou Hara-kiri?

J’aimerais explorer aujourd’hui une piste peut-être utile pour nous aider à traverser les zones turbulences, les tensions et les confrontations, sans s’arracher les cheveux ou y laisser ses plumes ! Sans risquer de succomber à la baffe verbale, au mot d’insulte, aux amis qui nous tournent le dos ou aux regards qui tuent par la culpabilité et les jugements. Que cela soit appliqué à la situation autour du Covid ou dans sa vie en général.

Ah oui ? Et comment ?

En étant dans son hara
Kesako ?

C’est parvenir à sentir en soi un point d’équilibre qui permet d’être soi-même sans être dicté par l’émotivité d’une part et le monde extérieur d’autre part. C’est ne pas se laisser gouverner par des forces involutives au ciel comme sur la terre. Être dans son hara, c’est garder son pouvoir dans chaque situation.

Il me vient à l’esprit une discipline sportive que j’ai pratiquée pendant quelques temps, sans grand succès (rires) et vous allez comprendre pourquoi :  le kyûdô. Le kyûdô est un art martial chevaleresque du tir à l’arc japonais. Il s’agit d’atteindre une cible à 28 mètres avec une telle maîtrise et sérénité intérieure, que la flèche va d’elle-même frapper le cœur de la cible. Dans les temps anciens, les archers japonais visaient les cibles avec de grands arcs traditionnels depuis leurs chevaux lancés au galop ! Il peut arriver qu’il faille attendre plusieurs mois, voire une année, avant de tirer sa première flèche, libéré de toutes contraintes et colonisation de la pensée. Après aussi avoir maitrisé les rituels extrêmement lents, longs et exigeants de la préparation au tir! Cela dit, la grande beauté du kyûdô inspire le respect et l’admiration de tous. La « voie de l’arc » est une pratique de développement de la personne et du caractère à travers l’utilisation de l’arc et des flèches. Quand le geste est accompli avec perfection, c’est qu’il n’y a plus personne dans l’archer. Juste de la lumière. Ainsi, toutes les frontières, les menaces et les obstacles s’effacent.
Il s’agit d’une initiation extraordinaire par la sagesse, la recherche de l’excellence et le « l’archer-prise », si vous permettez l’expression ! Parce qu’il faut faire « un » avec quelque chose qui nous dépasse et qui manœuvre l’arc à notre place. Comme dans la vie.

J’ai relevé le même enseignement dans le livre et le film initiatique inspiré d’une histoire vraie, « La légende de Bagger Vance ». C’est l’histoire d’un ex-champion de golf sur le déclin, traumatisé par la deuxième guerre mondiale, qui revient à son plus haut niveau, non pas par l’entraînement, la performance et le désir d’arracher de nouvelles victoires, mais en se libérant de ses conditionnements, de ses peurs et de toutes ses mémoires de souffrance. En se “débroussaillant”, on laisse passer ce qu’il y a de plus parfait pour soi. Son caddy, en lui montrant en plein tournoi la cible à atteindre, lui a chuchoté ces mots inspirés : « Vous voyez ce drapeau ? N’ayez pas peur. Si vous regardez les choses sereinement, vous verrez l’endroit où les marais, les saisons et la course de la Terre se retrouvent. Tout ce qui peut exister ne forme plus qu’un.  Cherchez cet endroit maintenant avec votre âme. Ainsi, atteindrez-vous votre cible».

Si je m’appuie sur ces exemples, c’est parce que quand on se connaît, quand on maîtrise les mouvements derrière nos choix et nos actions, les tensions disparaissent.

Je pense que pour faire face aux événements extérieures qui aujourd’hui bousculent beaucoup d’entre nous, il faut apprendre à revenir dans son hara, dans sa puissance intérieure. En alignant parfaitement son corps, son âme et son esprit, les menaces se changent en tigres de papier. Personnellement, depuis que je me connais et que je me suis rencontrée, ma vie a passé du papier-buvard à la feuille de “soi”. Et je ris beaucoup!

Et comment conquérir sa puissance ?
En se libérant des influences extérieures, qu’elles oeuvrent sur la Terre ou depuis le Ciel.

« L’homme doit apprendre à dicter la loi de son esprit sur la forme. Il doit passer de la programmation psychologique de son ego à une communication télépathique créative mentale avec sa source, que les psychologues appellent le grand « Moi ». Il ne doit plus vivre en fonction d’idéologies ni de croyances, mais de la créativité puissante de sa personnalité en alliance avec sa source. Il s’agit pour l’homme de ne pas être prisonnier émotivement des valeurs sociales », avait enseigné Bernard de Montréal, célèbre auteur et conférencier québécois dans les années 80 et décédé en 2003. Les enregistrements de ses conférences, disponibles sur internet, sont des mines de diamants pour qui veut traverser « éveillé » et épargné, l’hypnose collective actuelle.

La joie pour seule boussole

Pour vivre ces temps compliqués en limitant les dégâts en soi-même comme chez les autres, il est important de trouver du plaisir dans tout et de s’entourer de connaissances à notre mesure.  De passer du temps avec des êtres qui sont dans leur puissance aussi. Il faut choisir ceux dont nous souhaitons nous inspirer. Quitte à opérer un tri ou à prendre nos distances avec certains. Être en joie dans toutes les oscillations de nos journées est le meilleur indicateur de notre équilibre intérieur. Tant qu’il y a de l’équilibre, il y a du plaisir. Les humains sont tous des unités de mesures différentes pour sublimer les événements et les contrariétés avec panache, selon la force intérieure qui brûle en eux. « Lorsque nous sommes pleinement souverains de notre existence, nous vivons une forme de communication télépathique entre le plan mental et la source. L’ordre, c’est l’équilibre des énergies entre la source et la matière. Lorsque la conscience collective prend l’ascendant sur la conscience individuelle, l’homme doit se séparer d’elle. Jamais son savoir ne doit être remplacé par les opinions des autres », dit encore Bernard de Montréal. Par exemple, ce n’est pas parce que tout le monde dit « oui » au port du masque ou au vaccin contre le Covid, que tout le monde a raison. Participer à la démagogie, c’est se détourner de sa conscience individuelle. Si nous ne cultivons pas en nous ce petit coin qui ne veut pas être diminué par la conscience collective, nous resterons des humains à terre.

Quand nous blâmons la vie, nous restons dans le rêve et les illusions. En changeant notre taux vibratoire, nous changeons nos conditions de vie. C’est à travers le truchement des événements que l’homme perfectionne sa conscience. La crise actuelle nous offre l’opportunité extraordinaire de choisir la ligne de temps que nous voulons. En cultivant la joie, en élevant nos vibrations, nous échafaudons une planète sur-mesure, dans les dimensions de notre idéal.

Personnellement, j’en fais l’expérience tous les jours. Je vis exactement la réalité façonnée par mes pensées et mon paramétrage intérieure. Je pratique la gratitude, je m’affirme dans mes choix et je m’assume dans mes prises de position publiques, dans le respect de la pluralité des opinions et des expériences. Je joue comme une enfant avec chaque mouvement de la vie, de sorte à ce qu’il n’ait aucune emprise sur moi, comme une vague domptée par un surfeur. Alors se déroule sous mes yeux un chemin d’harmonie, d’amitié et de liberté, à des années-lumière de ce que peuvent vivre un voisin, un cousin, un passant, un collègue ou un ami.  Nous vivons tous dans des mondes parallèles selon ce que nous choisissons de configurer en nous. C’est la raison pour laquelle il est vain de vouloir changer les autres ou de leur imposer notre fréquence, si notre émetteur et leur récepteur ne partagent par des circuits communs. Le seul moyen de les amener à leur propre lumière, c’est de jouer soi-même notre plus belle musique.

Rire jaune, mais rire de tout

Je conclurai cet article par une note d’humour.  Face à l’absurdité de certaines situations actuelles, un autre remède que l’on peut ajouter à la souveraineté, est l’humour. Au hara-kiri (suicide), je préfère le hara-qui-rit! Par le rire et l’espièglerie, nous pouvons déjouer les pièges de la soumission à d’autres que soi. Hier soir, un ami qui avait réservé une table dans un restaurant, avait oublié son masque. Le patron lui a formellement interdit de parcourir les trois mètres qui le séparaient de la table qu’il avait réservée, où le port du masque n’était à nouveau plus obligatoire. En d’autres termes, il lui était demandé de porter le masque de la porte d’entrée à sa table, soit sur une distance de trois mètres. Alors mon ami lui a dit la chose suivante, avec le regard pétillant des enfants qui ont trouvé la petite astuce géniale pour contourner un règlement, sans nuire à personne : « Cher Monsieur, pour éviter tout risque de postillons, je vais donc arrêter de respirer depuis la porte d’entrée jusqu’à ma table ! Ça vous va comme ça ?»  Devant la mine interloquée du gérant, mon ami a retenu son souffle, effectué quatre pas et s’est assis, après avoir relâché son air. Il avait à la fois respecté les consignes sanitaires et en même temps, il s’était fait plaisir tout en restant libre. C’est s’amuser avec la situation sans s’amuser d’elle. C’est jouer avec le contexte sans se moquer des autres. Oui, la vie est un théâtre. Il faut simplement choisir entre bien connaître son texte ou oser l’improviser.

 

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Isabelle Alexandrine Bourgeois

Après avoir collaboré pour la télévision, la presse écrite et la radio, Isabelle A. Bourgeois est déléguée humanitaire auprès du CICR avant de devenir rédactrice en chef du magazine du CICR "Avenue de la Paix". En 2018, avec Joy for the Planet, Isabelle traverse 23 pays comme journaliste bénévole pour partager le meilleur de l'homme, raconté dans «La route de la Joie», paru en janvier 2020.

5 réponses à “Hara qui rit ou Hara-kiri?

  1. Bravo Alexandrine tu sèmes et tu vis tes semailles au Coeur du battement de ta Terre Humaine…….bien nourrissante la récolte de tes mots ajustés en crecellle de rires joyeux
    MERCI

    1. Mais quelle belle surprise! Merci Marc, frère de semences de vie, d’amour et de joie! Je suis très fière que la modeste et fine dentelle de mes mots aient pu toucher un grand maître du pain comme toi… Gratitude….

  2. Oui, Ma chère, tu as raison. Il faut beaucoup d’humour pour rester zen face à toutes les aberrations du moment et à la peur qu’on essaye de nous insuffler!
    Merci pour tes bons conseils!
    Diane

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