Qui sont réellement les sherpas?

 

Le mot « sherpa » nous rappelle l’Himalaya, les hauts sommets mais aussi ces porteurs d’altitude.

« Les Sherpas : les vrais héros de l’Everest »un film documentaire fascinant qui dévoile les intrigues et la dureté des expéditions sur l’Everest au travers du regard des sherpas. Ces sherpas, relayés aussi au rang de « porteurs d’altitude ». Et pourtant, c’est grâce au soutien de ces hommes humbles, loyaux et dotés d’une physiologie hors norme pour affronter les conditions extrêmes de la haute altitude, que les alpinistes du monde entier gravissent l’Everest : le Toit du Monde. Les sherpas d’expéditions font notamment la trace, installent des cordes fixes, transportent les charges, aménagent les différents camps et guident les clients jusqu’au sommet, puis de retour au camp de base. Les Sherpa ne sont par contre pas tous des sherpas…

Le Peuple Sherpa

Mais qui sont-ils en réalité ? D’où viennent-ils ? Pourquoi sont-ils tant à l’aise à plus de 5000 mètres au-dessus du niveau de la mer, là où le commun des mortels n’est plus apte à respirer normalement ?

Le terme « Sher-pa » signifie en tibétain « peuple venu de l’est ». Avec un « S » majuscule, il désigne un peuple originaire de la Mongolie. A la fin du XV siècle, les Sherpa ont émigré de la province tibétaine Kham vers le Népal pour fuir la guerre civile y faisant rage. Ils empruntèrent des cols à plus de 5000 mètres d’altitude en traversant la chaîne de l’Himalaya. Les terres fertiles du versant népalais leur permirent de développer une agriculture, principalement à base de pommes de terre et millet, entre 3500 et 4500 mètres d’altitude. A ce jour, la communauté Sherpa de l’Himalaya dépend principalement de l’agriculture et du tourisme.

Les premières expéditions dans l’Himalaya

Le peuple Sherpa devint célèbre en même temps que les premières expéditions dans l’Himalaya. En 1921, la première expédition britannique pour gravir l’Everest du côté tibétain partit de la région du Darjeeling, en Inde. A cette époque, de nombreux Sherpa travaillaient comme porteurs dans cette région. L’énorme logistique d’une telle entreprise nécessitait de l’aide, notamment pour porter les charges jusqu’au camp de base et ensuite aux différents camps d’altitude. Des Sherpa, des Tibétains et des porteurs originaires du Sikkim (Inde) furent engagés par l’expédition britannique pour transporter les charges jusqu’au camp de base. Les Britanniques engagèrent ensuite uniquement des Sherpa pour monter le matériel dans les camps d’altitude. Les Sherpa furent sélectionnés pour leur loyauté et capacité d’adaptation à l’altitude. Ils devinrent ainsi le premier choix pour les futures expéditions sur les hauts sommets de l’Himalaya.

C’est ainsi que le 29 mai 1953, Tenzing Norgay Sherpa devint le premier homme et Sherpa à fouler le plus haut sommet de notre planète en compagnie de l’alpiniste néo-zélandais Sir Edmund Hillary. Depuis ce jour, la communauté des Sherpa fut connue dans le monde entier. Leur capacité physiologique, leur courage et abnégation forcent le respect. Certains perpétuent encore de nos jours la tradition si fortement ancrée dans leurs gênes, mais la nouvelle génération se tourne également vers d’autres métiers. Leur nom de famille restera pourtant toujours le même : Sherpa !

Des capacités hors normes

Mais pourquoi les Sherpa sont-ils les seuls jusqu’à aujourd’hui à pouvoir transporter des charges inhumaines dans cette fameuse « zone de la mort », i.e. au-dessus de 7500 mètres ? Où chaque décision prise peut être une question de vie ou de mort ? De nombreuses études scientifiques furent faites et publiées sur le phénomène Sherpa. Sans entrer dans les détails scientifiques, il en est clairement ressorti que les Sherpa sont dotés d’un avantage génétique qui leur permet une meilleure acclimatation à l’altitude que le commun des mortels. Bon nombre d’entre eux sont d’ailleurs nés entre 3500 et 4500 mètres, où l’oxygène commence à se faire rare et où chez nous il n’y a même plus d’arbres qui poussent…

La réalité du Covid-19

Mais aujourd’hui le Covid-19 règne en maître des lieux même à des altitudes élevées. Les sherpas d’expédition n’ont plus de travail. Le revenu acquis lors des précédentes expéditions, confortable au regard du niveau moyen de la population népalaise soit, mais qui lorsqu’il faut subvenir aux besoins de toute une famille pour une année entière ne suffit plus. Le Népal est depuis mi-mars 2020 en auto-survie. L’aéroport international silencieux et la majorité de la population locale au repos forcé, si ce n’est en confinement strict à nouveau depuis quelques jours. Cinq ans après le tremblement de terre qui avait lourdement affecté l’économie locale du pays, le Népal est dévasté par cet ennemi invisible à l’aube de sa deuxième principale saison touristique…

N’hésitez pas à l’avenir à rendre visite à ces gens merveilleux. Au nom de la Communauté des Sherpa  de l’Himalaya, dont j’ai l’honneur d’appartenir suite à mon mariage avec Norbu Sherpa, un immense Merci pour votre soutien. Namaste🙏

« It is not the mountain we conquer but ourselves» Sir Edmund Hillary

Himalaya Andrea

Le Covid-19 au coeur de l’Himalaya

L’Himalaya ce mot qui résonne comme un lieu magique. Ses sommets recouverts de neige éternelle. Ses étendues à perte de vue. L’hospitalité de son peuple. Une destination de voyage que bon nombre de nous rêve de découvrir un jour.

 

2020

 
Début 2020. Un étrange nouveau mot fait son apparition dans le vocabulaire de la planète entière. Mais ne présage rien de bon. Au contraire. Le Népal l’a très vite compris. Durement affecté cinq ans auparavant par le terrible séisme qui avait anéanti une grande partie du pays, l’histoire se répète. Pas sous la même forme. Mais les conséquences sont identiques. A quelques jours de l’ouverture de sa saison majeure de tourisme, le Népal ferme ses portes. Il n’y aura pas de saison touristique 2020, alors que le gouvernement avait misé sur une année promotionnelle. Non, il n’y aura pas de revenu pour toutes ces personnes qui vivent du tourisme. Seule une angoisse, un climat de crainte. La peur d’être contaminé par ce mystérieux voyageur qui visite la planète entière mais n’apporte rien de bon.

 

2015

 
Il y a cinq ans, les népalais se faisaient littéralement mettre à plat par deux séismes de 7,8 et 7,3 sur l’échelle de Richter, à 10 jours d’intervalle. Avec mon mari, Norbu Sherpa, nous nous trouvions à 2 kilomètres de l’épicentre. Nous étions au coeur du drame. En route en direction du Camp de Base de l’Everest pour tenter son ascension du côté tibétain, nous avons échappé au pire. Profondément bouleversés par la tragédie vécue par les népalais, nous avions alors mis sur pied une aide d’urgence au travers de notre petite association The Butterfly Help Project.

 

Aujourd’hui…

 

Aujourd’hui, mon mari est au Népal et je suis en Suisse. La saison touristique en Himalaya était sur le point de débuter et notre équipe en route pour la mise en place du camp de base de l’Everest. En effet, plusieurs expéditions sur les plus hauts sommets de notre planète étaient confirmées par notre agence de treks & d’expéditions. Les préparatifs allaient bon train et les clients étaient sur le point d’arriver. En réalité, la situation est toute différente. Le pays est en strict confinement et son économie à l’arrêt. Le guide qui devait emmener nos clients sur les sentiers de l’Himalaya, ne se soucie plus de savoir si le point de vue sera propice pour une belle photo. Non, sa préoccupation majeure est désormais de savoir comment soutenir sa famille. On ne parle pas d’économies personnelles au Népal. On se débrouille pour trouver des petits travaux à faire entre-saison pour subvenir aux besoins de la famille. Rien de cela ne sera possible en ce début d’année. Des familles sont démunies et l’angoisse face à l’incertitude est palpable.

Alors 5 ans après, nous avons remis sur pied une aide d’urgence au travers de notre association The Butterfly Help Project. Désormais mon mari distribue de la nourriture aux familles les plus démunies de Katmandou…

Namaste et revenez vite au Népal dès que ce mystérieux voyageur aura pu être chassé de notre environnement…Respectez cet environnement et prenez soin de vous. Et n’oubliez pas de vous laver les mains après avoir lu cet article.

Dhanyabaad – Merci